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[causerie] La Blockchain, (nouvelle) machine d’immortalité

New Kids on the Blockchain – Jeudi 24 janvier 2019, autour de 21h – La Gaîté Lyrique, Paris.

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Avant de commencer je voudrais vous demander ceci.

Je préfère ne pas être photographié, filmé, enregistré.

C’est la raison pour laquelle j’ai demandé aux organisatrices et à l’organisateur de cette soirée d’éteindre la caméra, le temps de ma prise de parole.

En échange, je me suis engagé à livrer un texte. Les organisateurs souhaitent en effet qu’il reste une trace de ma parole. Je vais vous lire ce texte. Je suis déjà en train de le lire. Je suis désolé de l’ennui que cette lecture risque d’occasionner.

Je suis invité à vous présenter un programme de recherche porté par le PAMAL de l’École supérieure d’Art d’Avignon, que je co-dirige avec Lionel Broye. Ce programme s’appelle (Block)chain of Love.

Avant d’aborder les questions théoriques, qui nous réunissent ici, je voudrais dire un mot sur le contexte de ce programme.

Ce programme, soutenu par le Ministère de la Culture, associe plusieurs écoles d’art française et une école belge. Il s’agit de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, en particulier l’Observatoire des Pratiques de l’Image Numérique coordonné par Yannick Vernet, des Beaux-Arts de Paris et de son pôle numérique dirigé par Vincent Rioux, l’École Supérieure d’Art et de Design de Grenoble-Valence, avec notamment la participation de Gilles Rouffineau, qui vient de publier un livre, et de l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre à Bruxelles, avec le soutien de son directeur Benoît Hennaut et grâce l’action déterminée de Serge Hoffman, qui doit être quelque part dans la salle. Ceci est écrit, je ne fais que le lire. Par ailleurs, Lucile Haute, artiste et maître de conférences à l’université de Nîmes et chercheuse à l’Ensad-Lab, fait également partie du noyau dur des chercheuses et des chercheurs de ce programme.

Une première session de travail d’une semaine, en présence d’une trentaine de personnes, dont les deux tiers étaient des étudiants et étudiantes en art, s’est déroulée à Arles, en novembre dernier et s’est conclue par une sortie d’atelier enrichie de conférences d’éminentes intervenantes et intervenants.

Je ne vais pas vous parler des détails de la session de travail que nous avons eue, ce serait bien trop prématuré. Il est prévu d’autres sessions et il sera temps alors d’en livrer les résultats.

Je vais plutôt vous proposer quelques fils de réflexions que chacun pourra tirer comme il l’entend. Je me bornerai à soulever quelques questions.

Ce qui m’intéresse dans notre objet de questionnement, c’est-à-dire la blockchain, c’est d’aborder la blockchain en tant que médium technique. Si je reprends la définition que donne Friedrich Kittler du médium technique, la blockchain est un appareil d’enregistrement, de stockage et de traitement de données. Je partirai également de l’un des présupposés les plus fondamentaux de la théorie des média, qui est le présupposé de la pensée de Marshall McLuhan, à savoir que les média techniques agissent sur la culture, c’est-à-dire non seulement sur les représentations et l’agencement des sens, mais aussi sur les valeurs et les normes. Nous appelons ces appareils d’enregistrement, de stockage et de traitement de données précisément des média parce qu’ils produisent des effets, c’est-à-dire agissent, sur la culture et sur le langage – et quand je parle de « la culture », je parle ici de la culture occidentale. Ce qui veut dire que nous ne les concevons pas comme des outils, ni comme des machines, ni comme des dispositifs. En raison de leur agentivité, nous leur conférons un certain degré de subjectivité, et c’est tout l’objet de la théorie de média que de mesurer ce degré de subjectivité.

J’appelle pour ma part ces média techniques des machines d’écritures. Les média techniques écrivent notre culture, mais ils sont eux-même écrits. Il ne suffit pas de dire avec André Leroi-Gourhan, Gilbert Simondon et Bernard Stiegler que la pensée humaine résulte de ses objets techniques. Toute la question est de savoir comment nos média sont eux-mêmes écrits. C’est une question absolument centrale parce qu’elle touche à ce qui détermine notre pensée et notre culture. C’est la question de l’émergence et de l’obsolescence des média. À quelle logique interne répondent-elles ? Les théories à ce sujet ne sont pas très nombreuses, mais elles existent. Il faudrait discuter une nouvelle fois Marshall McLuhan, Friedrich Kittler, Erkki Huhtamo et sans aucun doute Wolfgang Ernst. C’est en répondant à cette question que l’archéologie des média peut apporter quelque chose à la science.

Prenons maintenant celle-ci : Comment un médium technique en arrive-t-il à une position dominante ? Nous pourrions ici formuler une hypothèse de travail qui est que cette position est directement liée au degré d’action de ce médium sur quelques concepts fondamentaux de notre culture occidentale, qui est une culture métaphysique. Plus ces concepts sont affectés, fragilisés puis transformés par un nouveau médium, plus ce médium occupera une position dominante. Tout médium technique d’une certaine manière aspire à jouer le rôle de divinité. [Edit. Ajouté pendant la conférence : Une assertion que Mark Alizart ne démentira pas, je pense.]

Prenons par exemple le médium technique Web. La force du Web tient au moins à deux choses. Il a permis la circulation de la parole et en donner une à ceux qui ne l’avait pas : au début chacun a pu écrire sa page, aujourd’hui sur Facebook avec les effets que l’on a connu dans les pays arabes il y a quelques années et aujourd’hui en France – et deuxièmement chacun a pu changer son identité – tout cela est bien connu. Sur ce dernier point, le Web a universalisé le pseudonyme, qui n’était jusqu’alors réservé qu’aux êtres fictifs, aux écrivains, aux bandits et aux espions – ce qui est une assez bonne définition de la littérature. Toute la force du Web a été d’affecter la notion d’identité, qui depuis Descartes, structurait la notion du sujet (« Freud est Freud même lorsqu’il change »). Le Web a décentré la fonction du nom qui était d’incarner la permanence et l’unité du moi, avec son corollaire qui est la responsabilité juridique et sociale, responsabilité dans l’espace et le temps. Avec le Web, vous pouvez parler de l’endroit social que vous voulez pendant un certain temps. C’est ce que fit Satoshi Nakamoto, l’« inventeur » de la Blockchain du Bitcoin, en publiant son article sur une liste de diffusion. Pour reprendre les catégories de Heidegger, le Web a touché l’un des concepts fondamentaux de la métaphysique, et donc de la culture occidentale : la solitude, dont le concept d’identité est l’émanation. (Si je suis mes propres pensées – cogito ergo sum –, ne suis-je pas seul au monde ? Traduisons : lorsque je joue en réseau – ne suis-je pas seul au monde avec mon écran et les autres joueurs existent-ils vraiment ?). Face à ce bouleversement, les États hégéliens, qui reposent sur l’identification de leurs citoyens, ont répondu avec violence en renforçant tous les dispositifs d’identification possible sur Internet et ailleurs : passeport biométrique, lois HADOPI, DADVSI, LOPPSI, programmation militaire… Les entreprises qui s’enrichissent sur les données et qui ont tout avantage à identifier leur cible, ont, elles aussi, répondu en cherchant à limiter l’anonymat et le pseudonymat. Enfin, tout cela vous le savez. Je vois que vous vous impatientez, je vois quelqu’un qui quitte la salle, vous attendez sûrement que je parle de la Blockchain. J’y viens.

Parlons alors du médium technique Blockchain. Elle n’est pas encore un médium technique dominant, mais elle pourrait le devenir. Pourquoi ? Parce qu’elle touche à un autre concept fondamental de la métaphysique. Ce concept est la finitude, c’est-à-dire au fait de savoir que nous – humains – sommes mortels. La blockchain est une machine d’archivage. Une machine d’archivage redoutable parce que ses archives sont – en principe – transparentes, inviolables et inaltérables. Tant qu’il y aura des ordinateurs et de l’électricité, la Blockchain sera l’inscription absolue. Or, toucher à la manière dont une culture archive les activités humaines, c’est toucher la manière dont elle organise le royaume des morts et répond par là même au désir d’immortalité, qui structure notre culture, comme l’a admirablement montré Hannah Arendt. D’une certaine manière la blockchain est l’appareil le plus sophistiqué pour répondre à ce désir. Elle est plus efficace que les bibliothèques qui brûlent et ne sont guère transparentes malgré tous les efforts des architectes, plus puissante que le Web dont les pages s’effacent, malgré tous les efforts de l’Internet Archive, de Rhizome et du PAMAL.

Les transactions d’une Blockchain sont transparentes : vous pouvez remonter à la première transaction de Satoshi Nakamoto, remarquablement étudiée par Serge Hoffman lors de notre semaine de travail. Toutes les transactions sont accessibles. Mais elles ne sont transparentes que dans une certaine limite. Ce qui caractérise une Blockchain, c’est la transparence de ses archives, c’est d’être obsédée par la preuve. La preuve, c’est un truc de policiers et de juges. Il y a ici quelque chose de paradoxal dans le fait que le Bitcoin, structuré par la technologie Blockchain, ait pu servir au banditisme. Qu’est-ce qui dans la Blockchain rend ce paradoxe possible ? La Blockchain joue à la fois sur du caché et du transparent. Même si chacun d’entre nous peut lire toutes les transactions qui y sont archivées, ses contenus sont cryptés, c’est-à-dire cachés. Ce jeu entre ce qui est gravé de manière inaltérable pour l’éternité et ce qui est caché est précisément ce sur quoi s’est construit toute la culture occidentale de la mort. Le nom – l’identité – du mort est gravé sur du granit tandis que le corps mort est destiné à l’invisible. Le monde des morts est un monde un monde fermé, souterrain, et depuis Jésus, il est inaccessible. Avant Jésus, il est fermé mais accessibles aux héros, à Ulysse, à Énée. Avec Jésus, il devient inaccessible parce que Jésus est le médium pré-technique entre le monde divin, le monde des morts, et le monde des vivants, le monde du politique. Le Christ est, pour la culture chrétienne, le seul point de passage entre les vivants et les morts et ce point s’est refermé avec sa propre mort, qui n’en a pas été une. Le fait que le Christ ait été à la fois mort puis non-mort a provisoirement – pendant deux mille ans environ – suspendu l’accès du monde des morts. D’où l’interdiction de la nécromancie dans le christianisme. Mais, comme l’ont montré Friedrich Kittler, Jeffrey Sconce, Philippe Baudouin et le beau programme de recherche de Jeff Guess et Gwenola Wagon, cette clôture chrétienne du monde des morts s’est achevée par la brèche ouverte par les média techniques au début du XIXe siècle. La Blockchain est l’actuel aboutissement de ce dernier mouvement, au point d’en être le chef d’œuvre.

Il ne vous aura certainement pas échappé que ce chef d’œuvre est aussi un chef d’œuvre politique. Chez Platon, l’immortalité – c’est-à-dire l’inaltérabilité de l’unicité et de l’originalité – des âmes fonde et garantit absolument – de manière inconditionnée – la justice et la justesse des choses, autrement dit le politique et la science. Le vrai, le juste et les Idées sont atemporelles parce qu’il existe une immortalité quelque part. C’est une idée omniprésente chez Platon. Vous la trouvez dans l’Apologie de Socrate, la République, le Phédon, le Phèdre. Et c’est aussi la raison pour laquelle les bolchéviques ont tout fait pour éviter à Lénine de passer du côté des morts – vous pouvez le constater en allant voir son Mausolée à Moscou. Mais en voulant se débarrasser de la crypte, en cherchant à trouver en la personne de Lénine un nouveau point de passage entre le monde des morts et le monde des vivants, le communisme léniniste a sans doute tué son essence qui est, comme il en a été question ce soir, d’être « crypto », souterrain et caché – j’aborderai cette question une autre fois. Par la momification et l’exhibition du corps mort de Lénine, le communisme est sorti de la crypte si vous voulez. Fermons cette parenthèse. L’idée même que la Blockchain en tant que machine d’archivage et donc d’immortalité puisse fonder le politique est la directe conséquence du platonisme [Edit. pré-chrétien], à cette exception près que le point de passage entre le monde des vivants et le royaume des morts, par essence crypté et cryptique, ne se situe pas à la porte des Enfers mais dans le réseau pair-à-pair des ordinateurs.

Ainsi l’action de la Blockchain en tant que médium technique sur la culture porte-t-elle peut-être moins sur la monnaie et les rapports sociaux que sur le concept d’archive, dont les effets politiques ne sont pas moindre. Il est à noter que la monnaie est déjà en elle-même une archive. Elle est l’archive d’une transaction mathématique. C’est ce que montre Clarisse Herrenschmidt dans son ouvrage sur les trois écritures. [Edit. Non lu pendant la conférence pour gagner du temps : Sa thèse est que la monnaie frappée, en tant qu’écriture, fut le vecteur, c’est-à-dire le support signifiant, de l’écriture des nombres et de leurs rapports, autrement dit de l’écriture monétaire arithmétique. En conséquence, le premier effet de l’archivage des rapports numériques fut que les mathématiciens se firent aussi économistes, de Thalès à Babbage et Von Neumann]. Une idée que l’on retrouve dans le chapitre 4 des Grundrisse de Marx, pour qui l’argent est simplement un étalon de rapport quantitatif, un simple nom donné à un rapport quantitatif de valeur. « Mais alors, écrit Marx, ne serait-il pas plus juste de ne l’exprimer [cet argent] sous aucun nom, comme un simple rapport numérique ? ». Et puisque l’économie est une affaire de calcul, il n’est pas étonnant que les propriétaires des moyens de production confient l’économie à des machines à calculer intelligentes, aussi bien aux bots de la finance qu’en inventant des cryptomonnaies, le Bitcoin en tant que tel étant ici l’aboutissement de la monnaie comme simple rapport numérique.

Vous me permettrez d’intervenir sur le débat qui a animé les trois interventions précédentes. Si l’on garde à l’esprit que la monnaie n’est qu’une archive, de quoi est-elle réellement l’archive ? Pour Marx, la monnaie n’est que la manifestation archivistique – comme mesure – de la valeur non pas des marchandises, mais au contraire de l’exclusion de l’expression sociale des marchandises. Lorsque la marchandise possède un prix, elle se confond avec ce prix. Le processus de production, et en particulier le temps de travail nécessaire à sa production, disparaît comme par enchantement. C’est pourquoi le monde de la production et celui de la marchandise apparaissent comme des choses distinctes. Tout l’avantage est pour le capitaliste qui peut faire ce qu’il veut de la marchandise qu’il n’a pourtant pas produite lui-même. C’est ce qui fait que Marx, bien qu’il reconnût le rôle déterminant des banques dans la naissance du capitalisme moderne, estimait, dans les Grundrisse (le fameux chapitre sur l’argent), qu’il n’est pas possible de changer les rapports de production et de distribution – c’est-à-dire les rapports de domination – en transformant l’instrument et l’organisation de la circulation, c’est-à-dire la monnaie elle-même. Ce n’est qu’au prix d’une transformation des rapports de production qu’une telle transformation de la circulation n’est possible. L’enjeu – qui est de savoir si changer la monnaie permet de changer les rapports sociaux – était alors le conflit qui opposait Marx aux proudhoniens – dont les théories socialistes ont été longtemps dominantes au sein des luttes sociales. Les proudhoniens, comme les associationnistes, s’opposaient à toute forme de lutte violente, préférant constituer des communautés autonomes, à l’image de celle du Bitcoin à ses débuts. Les proudhoniens estimaient alors que la transformation progressive de la circulation monétaire avait le pouvoir d’agir sur les rapports de production, ce contre quoi Marx s’élevait, car pour lui, la circulation monétaire était incluse dans le processus de production.

Mon propos est ici de dire que le médium technique Blockchain transforme d’abord le processus d’archivage et que le Bitcoin n’est qu’un moyen pour permettre à la Blockchain de persévérer dans son être. Je voudrais terminer mon allocution en me demandant de quoi le Bitcoin est la manifestation. La création du Bitcoin est étroitement liée au minage, [Edit. Non lu pour gagner du temps : c’est-à-dire à la validation d’inscriptions de contenus au sein de blocs encryptés]. La quantité de Bitcoin a été d’emblée limitée – mathématiquement – à 21 millions, en raison de la loi des rendements décroissants. En outre Satoshi ne pouvait pas ne pas savoir que 1) le minage des Bitcoins exigerait une industrialisation progressive de la technologie des nœuds – au regard de la demande en puissance de calcul et 2) une augmentation énergétique significative. [Edit. Ajouté pendant la conférence : Baruch Gottlieb soulignait tout à l’heure que le Bitcoin n’est pas une monnaie. C’est vrai d’un point de vue économique] il faut admettre que le Bitcoin est une monnaie en tant qu’elle est liée à un processus de production, qui consiste, nous l’avons vu, à produire de l’archive et seulement cela. Je n’ai pas le temps ici de développer cette question, aussi je me contenterai de la formuler : à quoi bon ce nouveau processus d’archivage ? Autrement dit à quoi peut bien servir cette augmentation de la puissance de calcul d’ordinateurs mis en réseau et la mise en place d’une infrastructure électrique conséquente ? Peut-être à construire et alimenter un super-calculateur intelligent à venir – ou déjà-là – en réseau. Dans quel but ? S’agit-il de bâtir en effet un nouveau royaume des morts, le registre de tous les registres ? Qui est Satoshi Nakamoto ? Ou plutôt Satoshin, oui Satoshin, car c’est ainsi qu’elle a signé son article : satoshin@gmx.com. Ne pourrait-il pas être une sorte de joueur de Go comme il en est apparu ces derniers mois ? Ce projet ressemblerait alors fortement à un autre, dont la divine mère s’appelle Alphabet. J’avoue ne pas avoir examiné à ce stade les liens entre le monde du Bitcoin et celui de la Singularité. Nous entrons ici, je vous l’accorde, dans le monde des conjectures et de la poésie biblique.

Et puisqu’il est désormais question de poésie, je voudrais vous montrer en vidéo et vous lire trois petits poèmes très courts, qui vont définitivement ruiner ma réputation. Ils ont été composés grâce au fils ou à la fille d’Alphabet, Google, en particulier Google Traduction, en cherchant à percer le message crypté inscrit dans le nom même de « satoshinakamoto ».

Voici le premier (Satoshin n°1).

“Village
Nouveau
Rouge
Ancien”

Le deuxième (Satoshin n°2).

“Merveilleusement
Bon et mauvais”

Le troisième (Satoshin n°3).

“La différence
Bonjour
Tristesse
Horrible
Peut-être
Merveilleusement”

[Edit. Quelques minutes après ma causerie. Je me suis remémoré que Charon, le nocher des Enfers, faisait traverser le Styx contre une obole, celle que l’on mettait dans la bouche des morts avant de les enterrer].

[Edit. Quelques minutes après ma causerie. En complément. Le fait même que le Bitcoin ne soit pas à proprement parler une monnaie est la preuve que la monnaie n’est pas l’effet réellement recherché et visé par le médium technique Blockchain, qu’il faut inscrire dans le temps long de la « logique » interne des média techniques].