Archéologie des média _ÉVÉNEMENTS

[exposition] Frankenstein Média – Avignon 7-18 déc 15

EXPOSITION à la MÉDIATHÈQUE CECCANO (en hommage à Athanasius Kircher) – AVIGNON

Commissariat : Antonin Fourneau, Emmanuel Guez, Pierre-Erick Lefebvre, Guillaume Stagnaro

Dans le cadre du FESTILAB

Artistes, concerts, performances, ateliers : FestiLab_Frankenstein Media – Brochure finale

Production : Freesson

Avec le soutien du Dicréam-CNC

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Note d’intention

« Rien n’est plus pénible à l’esprit humain qu’un grand et brusque changement. Le soleil avait beau briller, les nuages avaient beau s’épaissir, rien ne pouvait plus désormais m’apparaître comme la veille » Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée Moderne, 1818.

Alors que les deux dernières décennies ont été marquées par un discours dominant en faveur du high-tech et de l’innovation, notamment dans les industries numériques, les principales scènes internationales des arts et cultures numériques interrogent les effets de ce discours et des stratégies des industries numériques sur la politique, l’économie, l’écologie, etc.

Tels des archéologues des média, de nombreux artistes explorent les machines de ces 20 à 30 dernières années, produites par les industries numériques, en descendant dans les couches les plus profondes de leurs matérialités : le hardware, l’architecture réseau, plutôt que les interfaces visuelles et sonores.

Un moyen de voir si, au passage, nous n’aurions pas oublié quelque chose, d’imaginer les voies qui auraient été possibles (une histoire du « comme si »), de prendre la mesure des effets de la consommation effrénée des matériels, de comprendre les stratégies de l’industrie du software, d’analyser les points de clôtures qui interdisent aux utilisateurs l’accès aux instructions matérielles et aux logiciels, qui alimentent en données personnelles les industries et les états.

Il s’agit encore de préserver les machines pour conserver la mémoire de ce qui s’est joué ou de les hybrider pour les faire parler.

Bref, il s’agit de se tourner vers ce qui a été accompli pour mieux penser le présent et inventer un avenir où tous, nous serons en mesure de maîtriser et comprendre ce qui s’empare de nous.

Le Festilab # Frankenstein Média  propose une programmation nourrie par l’archéologie des média, par l’appropriation des cultures numériques, par le recyclage, par la préservation et la conservation d’œuvres et de matériels, par une interrogation sur l’émergence et l’obsolescence des formes, par le rétro et le vintage, etc.

L’événement rassemble les œuvres de plus d’une vingtaine d’artistes qui créent avec des média anciens et parfois oubliés et/ou qui cherchent à retracer leurs histoires, leurs usages et leur imaginaire. Ils développent des propositions sur l’obsolescence programmée, passant par le hardware hacking, le databending, le glitch, le bug, ou encore le retrogaming. Ils cherchent à faire parler les machines en matérialisant cette « parole » sous formes de graphes, indices, courbes, etc.

Bien loin de l’idée d’une certaine nostalgie, il s’agit de s’emparer des dispositifs passés pour les traduire dans des pratiques artistiques actuelles, dont les enjeux sont aussi bien politiques qu’artistiques.

Emmanuel Guez