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spectateur 2.0

Notes de travail de la sonde 03#10 – spectateur 2.0.

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L’idée est celle du spectateur comme médium. Non pas comment le spectateur s’approprie le spectacle ou le reçoit (vision critique – spectateur expert) mais comment la réception du spectacle par le spectateur peut donner naissance à un spectacle. Non pas le spectateur comme acteur (au sens d’agissant) mais plutôt comme auteur (au sens de source d’écritures – une parmi d’autres) et comme acteur (au sens de rôle).

Le corps du spectateur étant lui-même produit par ses médiations / images – électroniques – web (dont réseaux sociaux) téléphone, caméra, photographies etc…

Pourrait répondre à la question : Comment passe-t-on du spectateur au collaboratif ?

Qui ?

Groupe spectateur 2.0. = 5 étudiants (Lycée Mistral, Avignon + X élèves-comédiens du conservatoire d’Avignon + X élèves de l’atelier théâtre du Lycée Jean Vilar, Villeneuve-lez-Avignon). Coordination : Christian Giriat

Artistes associés : kom.post (Berlin) – 4 artistes

Comment ?

Le groupe spectateur 2.0. assiste aux propositions de la sonde CNN, produisant de la matière textuelle à Kom.post. Cette production se fait sur facebook. Kom.post s’empare de la matière d CNN et, selon le propre principe de la reprise du collectif kom.post, propose un événement, qui est à son tour intégré au flux des propositions de CNN (boucle).

Avec cette question :  Comment l’art est-il traité dans le flux de l’information continue ? Ce qui vient de l’événement retourne à l’événement. Cette chronique pourrait avoir lieu le 25 mars 2010.

Exemple

Journal C.N.N, le 22 mars à 20h. A partir de ce qui se produit (image, sons, émotions…), chaque membre du  groupe spectateur 2.0. envoie sa matière au groupe kom.post qui le traite artistiquement pour une proposition scénique / performance / installation / conférence, bref un événement …. Le 23 mars à 13h.

Même chose le 23 mars (proposition kom.post le 24 à 13h.) et le 24 mars (proposition kom.post le 25 à 10h.).

Le collectif kom.post fournira donc trois « spectacles » construits par les spectateurs.

L’ensemble de la matière kompostée ou brute est ensuite mise en ligne sur le site des sondes et diffusé en streaming sur selfworld (Ivan Chabanaud).

Emmanuel Guez, le 7 janvier 2010.

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(10) La sonde est articulée à la sonde 03#10 – C.N.N (Chartreuse News Network) 2. Cette dernière reprend l’idée de la sonde 03#09 C.N.N (Chartreuse News Network), qui s’est déroulée un an avant et où il était question de savoir comment le théâtre peut s’emparer de l’actualité. Cette approche s’inscrit dans la continuité de l’interrogation des médias d’information par le théâtre. Au 20e siècle, le théâtre a plusieurs fois été bousculé par l’arrivée de nouveaux médias, ce qui a contribué à en renouveler les formes : le futurisme par le télégraphe et la radio, Piscator par le cinéma , Brecht par la radio, Peter Weiss par la télévision, Rimini Protokoll par le jeu vidéo et l’internet…

Note d’intention sur l’articulation des deux sondes (5 février 2010).

Les deux sondes sont articulées l’une à l’autre. L’idée directrice de cette articulation est l’idée de flux. La métaphore par laquelle nous pensons aujourd’hui la notion de flux est l’Internet. Les internautes, traversés par un flux continu de mots, d’images, de sons, en sont moins les possesseurs que les transmetteurs, et cela dans une sorte de mouvement infini. Chaque internaute est en quelque sorte un média. Les quelques 50 participants des deux sondes seront pris dans ce même flux où la parole circule, où chacun reprend la parole de l’autre pour la faire sienne avant de l’offrir de nouveau à un autre. Mais pourquoi la parole circule-t-elle sinon par le désir d’agir sur les choses, c’est-à-dire par la nécessité  d’adopter un point de vue ? Le flux ne donne aucun point de vue. Il faut ici recourir à une seconde métaphore qui n’est plus celle de l’internet mais celle du satellite. Un satellite ne montre rien si on ne l’interroge pas, si on ne confronte pas ses signaux à des logiciels qui les font parler et font naître des images. Dans le flux continu, les points de vue sont les produits d’une construction réalisée en vue d’une fin déterminée.

Quand cette fin a pour but de savoir comment les hommes répondent à la catastrophe, plus que jamais le flux s’accélère, reprenant et répétant dans un mouvement perpétuel les échos de l’événement. Plus que jamais il est nécessaire de construire un point de vue. Plus que jamais il est nécessaire de faire parler les satellites, comme jadis, en 1755, lors du tremblement de terre de Lisbonne, on a cherché à faire parler ce dieu, que l’on disait à l’origine du meilleur des mondes possibles. Car s’il est vrai que les satellites ne font ni ne défont le monde, ils servent néanmoins à anticiper, à surveiller, à réguler ce qui s’y fait et s’y défait. Et en ce sens, il est nécessaire de les interroger.